Le newsbot d'Alter Échos qui vous informe en temps réel sur la qualité de l'air à Bruxelles

Vendredi 16 novembre 2018, 22h55

Pendant douze mois, Alter Échos a accueilli le Bxl’air bot à la rédaction pour une expérience inédite. Cette application de datajournalisme nous a aidés à enregistrer, compiler et compter des données sur la qualité de l’air. Le résultat ? Pour vous, de l’info inédite sur la pollution à Bruxelles. Depuis, ce projet a été remodelé afin de proposer une information servicielle indépendante (et entièrement automatisée) sur la qualité de l'air à Bruxelles. Les données de Bxl'air bot sont également diffusées via Twitter : @bxlairbot

Bxl'air bot, c'est quoi ?

Il s'agit d'une plateforme de collecte et de traitement automatisé de données publiques diffusées en temps réel, qui a été développée dans le cadre d'une recherche doctorale (traitant des usages des systèmes d'automatisation de la production d'information, par les journalistes) à l'Université Libre de Bruxelles (ReSic), par Laurence Dierickx, journaliste-développeuse. Les données récoltées pendant une année (avril 2017-mars 2018) ont été traitées par les journalistes de la rédaction à l'issue de cette expérience, en avril 2018. Les résultats ont fait l'objet d'un dossier "Pollution, l'air de rien", publié en mai 2018.

Comment avez-vous établi les comparaisons des mesures des taux de polluants ?

Considérant que la qualité de l'air est un problème de santé publique, notre parti pris est de comparer les mesures des polluants réalisées en région bruxelloises avec les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus exigeantes que les normes européennes qui sont, elles, le fruit d'un compromis entre les Etats membres. Pour certains types de polluants, l'OMS fournit des recommandations sur une base annuelle ou sur une période plus courte (sur 8 heures, sur 24 heures...). Nos comparaisons les recommandations annuelles en ce qui concerne les taux de dioxyde d'azote et d'ozone. Par ailleurs, les mesures qui sont diffusées via Bxl'air bot consistent en des moyennes glissantes, qui vont donc évoluer pendant 24 heures avant de devenir des moyennes fixes. Seules les données archivées figurant dans le "Pollugraph" consistent en des moyennes fixes (il s'agit de données non validées, enregistrées lors de l'expérience qui s'est étalée de mars 2017 à avril 2018). Aucune de ces données n'est validée dans la mesure où le diffuseur des données ne publie pas de données validées.

Pourquoi tenez-vous compte des données des stations situées Arts-Loi et rue Belliard ?

Ces deux stations ne sont pas soumises au respect des normes européennes. CELINE, la cellule interrégionale de l'environnement qui constitue la source des données de Bxl'air bot, précise que ces stations ne correspondent pas aux prescriptions de l’UE pour la surveillance de la qualité de l’air en matière de santé publique (directive 408/50/CE). Ces stations se trouvent trop proches d'un carrefour au centre de Bruxelles, où sont mesurés presque directement les gaz d’échappement du trafic routier. Les mesures effectuées à proximité de ces axes ne sont donc pas considérées comme représentatives de l’exposition de la population à la pollution de l’air, mais elles le sont dans un contexte scientifique et politique dans l’étude de la pollution liée au trafic routier. Ici, il s'agit d'un autre choix journalistique : la moyenne du taux de dioxyde d'azote est calculée sur les valeurs de l'ensemble des douze stations de mesure.

Que disent les recommandations de l'OMS ?

En matière de qualité de l'air, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser les taux suivants :
  • PM10 : 50 μg/m³ de moyenne sur 24 heures et 20 μg/m³ de moyenne annuelle
  • PM2.5 : 25 μg/m³ de moyenne sur 24 heures et 10 μg/m³ de moyenne annuelle
  • Back carbon (carbone suie) : aucune recommandation disponible, il est toutefois considéré que les effets sur la santé pour une exposition à 1 μg/m³ sont plus importants qu'une exposition aux PM10 et PM2.5 (1).
  • Ozone : 100 μg/m³ de moyenne sur 8 heures
  • Dioxyde d'azote : 200 μg/m³ de moyenne horaire et 40 μg/m³ de moyenne annuelle
(1) Janssen et alli, "Black Carbon as an Additional Indicator of the Adverse Health Effects of Airborne Particles Compared with PM10 and PM2.5", Environmental Health Perspectives, vol. 119, n°12, décembre 2011. Cliquer ici pour plus d'infos

Que disent les normes européennes ?

L'Union européenne a adopté des normes relatives à certains polluants atmosphériques en 2008 (2008/50/CE, directive concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur en Europe). Elle fixe également des limites nationales annuelles, lesquelles ont été revues de manière plus stricte dans la directive du 8 décembre 2016. La Belgique devrait réduire de 20% les émissions de particules fines et de 40% celle d'oxydes d'azote à l'horizon 2029 (par rapport à 2005). Voir le tableau récapitulatif "Air quality standards" (en).
  • PM10 : 50 µg/m³ de moyenne sur 24 heures, à ne pas dépasser plus de 35 jours/an, et 40 μg/m³ de moyenne annuelle
  • PM2.5 : 25 µg/m³ de moyenne annuelle (pas de valeur à court-terme)
  • Ozone : 120 µg/m³ sur 8 heures, à ne pas dépasser plus de 25 jours en moyenne sur 3 ans (seuil d'information : 180 µg/m³ de moyenne horaire ; seuil d'alerte : 240 µg/m³ de moyenne horaire)
  • Dioxyde d'azote : 40 µg/m³ de moyenne annuelle, 200 µg/m³ de moyenne limite horaire (pas plus de 18 fois/an)

Comment vous contacter ?

Pour tout contact concernant directement la revue Alter Echos, voir notre page de contact. Pour toute question relative au fonctionnement du newsbot : laurence (at) ohmybox.info


Observations du 01/04/2017 au 31/03/2018

L'indice de qualité de l'air a été moyen pendant 28 jours. Il a été médiocre pendant 14 jours. Il a très médiocre pendant 3 jours. Il a été mauvais pendant 3 jours. Il n'a pas atteint le seuil maximal de 10 (exécrable). 14 phases d'information (niveau d'alerte 0) ont été enregistrées en Région bruxelloise depuis le 1er avril 2017. En moyenne, pour l'ensemble de la région, les recommandations de l'OMS ont été dépassées 2 fois en ce qui concerne le taux de particules fines de type PM10, et 20 fois en ce qui concerne celui des PM2.5. La recommandation de l'OMS relative au taux d'ozone a été dépassée à 28 reprises. La norme relative au taux de dioxyde d'azote n'a pas été dépassée (moyenne horaire). Le taux moyen de dioxyde d'azote est de 58,54 μg/m³. Il dépasse de 18.4μg/m³ la norme relative à la moyenne annuelle. Le seuil de 1 μg/m³ de black carbon (carbone suie), à partir duquel ses effets sont considérés comme plus nocifs pour la santé que les PM10 et PM2.5, a été franchi 157 fois. Le taux de 3 μg/m³ de black carbon a été dépassé 8 fois.

Ce texte a été généré de manière automatique à partir de données publiques (open data) non validées enregistrées de manière quotidienne pendant un an, du 1er avril 2017 au 30 mars 2018. Celles-ci donnent donc une indication sur la qualité de l'air bruxellois sur une période de douze mois.
Source : CELINE, Cellule interrégionale d'Environnement.